Si j’étais un astre…
Si j’étais un astre, je serais la lune. Pleine certains jours, creuse à d’autres moments, ronde ou en croissant, je serais en perpétuelle transformation.
Une énigme que l’on regarde d’en bas, toujours reconnaissable de partout, mais jamais la même selon le jour du mois.
Je veillerais sur les âmes en peine dont les regards iraient vers moi quand le soleil les aveugle.
J’éclairerais de ma faible lumière les poètes dont les rimes s’écrivent en pleine nuit.
Je serais la lueur qui contraste avec le jour. Je serais d’autant blanche que la nuit serait noire. Car je ne pourrais briller au milieu d’un ciel dont la couleur me ressemble.
Je serais celle qui annonce que le jour est en partance. Et celle qui appellerait la nuit pour qu’elle s’installe. On me verrait de partout. On me chercherait chaque nuit. Et on s’inquiéterait de ne pas me trouver certains soirs au milieu des étoiles.
De loin, j’influencerais les états émotionnels de tous les vivants. Sans qu’ils s’en doutent.
Parfois, je me mettrais à côté du soleil pour que le ciel soit riche de nos contraires.
Jamais on ne tomberait d’accord en parlant de moi.
Certains diraient que je suis creuse.
D’autres que je suis pleine.
Et les derniers, enfin, me comprendraient vraiment. Ils verraient en y prêtant attention, que même les jours où je n’ai l’air que d’un faible croissant, mon doux cercle se lit quand même à travers l’obscurité de la nuit.
D’aucuns ne comprendraient que c’est le point où ils se trouvent sur la Terre qui modifient l’image qu’ils ont de moi.
Moi, je saurais que je ne suis ni ronde, ni croissant. Ni totalement creuse, ni jamais vraiment pleine. Seul le mouvement serait éternel en moi. Et énigme je demeurerais.
